2018

 

« À CAUSE DES CANARDS »

Étienne Armandon

du 28 avril au 7 juillet 2018

 

Étienne Armandon nous explique ainsi la genèse du titre a priori énigmatique qu'il a choisi pour son exposition : « Ce titre n'a pas de signification mais une origine. C'est une parodie heideggérienne qui s'énonce par la question : "Pourquoi y a-t-il l'étang et non pas plutôt rien ?" Réponse : "À cause des canards"».
Il nous semble qu'il faut compléter par une autre question ce qui pourrait passer chez l'artiste pour une fantaisie de langage sans conséquence : « Pourquoi y a-t-il encore la peinture et non pas plutôt rien ? ». Réponse de Gerhard Richter : « [La peinture] est une tentative de donner forme à l'incapacité et à la détresse, pour les visualiser. Si j'ai de la chance, le résultat est vrai et évident, bon et constructif, de sorte que la forme ne doit rien à l'ironie ni au cynisme. » (Entretien avec Nicholas Serota, 2011)). Et Étienne Armandon de citer Francis Ponge : « Quand j'ai pris mon parti de l'Absurde, il me reste à publier la relation de mon échec. Sous une forme plaisante, autant que possible. »
D'où il faut en déduire que l'étang et ses canards font partie de l'abracadabra de l'artiste, de sa stratégie pour accéder – lucidement, courageusement, peut-être même drôlement – au cœur du travail pictural. Pour en faire le "Tableau", en quelque sorte.


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« VIA FONDAZZA »

Luigi Ghirri, Bernard Guillot, Philip Guston, Jean Laube, Charles Maussion, Mikhaïl Roginsky, Cristof Yvoré.

du 27 janvier au 7 avril 2018

 

Des œuvres de ces sept artistes sont réunies dans cette exposition qui a pris pour titre le nom de la rue, à Bologne, où Giorgio Morandi a vécu et travaillé pendant presque cinquante ans. Cette information apportée, une mise en garde s'impose immédiatement : il ne s'agit en aucun cas d'un « hommage » et nous ne voulons pas laisser entendre que des liens explicites, des références ou des influences clairement identifiables existent entre les œuvres des peintres et photographes énumérés plus haut (Luigi Ghirri excepté) et celles de Morandi. Pas de « fil rouge » donc, mais plutôt une réminiscence — vague, très vague. Comme un écho secret, un « état d'âme » qui aurait à voir avec l'esprit plus qu'avec la forme (ou le genre).
Cette assonance ténue, nous l'appellerons intériorité et dépouillement, incertitude de la représentation et de la mémoire des choses, radicalité et infinie patience, silence. (« Le silence qui entoure le silence » disait Gilles Aillaud à propos de Vermeer).


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